Il s’agissait d’un rapport de domination. Occupant et occupé se faisaient face, chacun avec ses intérêts, lesquels étaient aussi le reflet du déroulement de la guerre et évoluaient, avec, à partir de 1942-1943, les signes précurseurs d’une victoire allemande de plus en plus incertaine. Peut-être approche-t-on de manière un peu plus pertinente la réalité extrêmement complexe de l’Occupation en reconnaissant que les résultats économiques obtenus étaient – au moins dans une certaine mesure – influencés, induits et voulus par les deux camps.28 Contrairement à la politique nazie de destruction à l’égard des Juifs d’Europe et de la population slave d’Europe orientale, l’Allemagne poursuivait prioritairement à l’égard des pays d’Europe occidentale occupés une politique d’exploitation économique. Sur la question des modalités permettant d’optimiser cette exploitation, dans l’intérêt allemand et dans le sens de la réorganisation de l’Europe prévue à long terme, des différences fondamentales, qui durèrent jusqu’à la fin de l’Occupation, apparurent peu après les premiers pillages entre les dirigeants politiques dans le Reich, mais aussi entre les autorités locales, la Wehrmacht, l’administration d’occupation et les représentants de l’économie. Les désaccords tournaient autour de la question suivante (formulée ainsi par les contemporains): est-il plus utile d’abattre ou de traire une vache qui exige – bien évidemment – une nourriture suffisante?[49] [49] Voir Umbreit, «Sonderformen…», art. cit233;, p. sac longchamp pliable week end pas cher 148. ...suite29 Ces contradictions apparaissent aussi dans le comportement de l’industrie électrique allemande face à son interlocuteur fran?ais. On peut démontrer que certaines machines-outils spéciales, démontées massivement en 1940 dans les usines fran?aises, furent utilisées dans des usines allemandes. Cela vaut s?rement aussi pour les réserves de matières premières transportées en Allemagne, notamment du cuivre, devenu rare depuis longtemps dans le Reich. Chemise burberry femme soldes Mais ensuite, au plus tard à partir de novembre 1940, l’industrie électrique allemande se tourna vite et radicalement vers une politique de sous-traitance des commandes.30 D’un c?té comme de l’autre, ce changement favorisa surtout les grandes entreprises. Avec les multiples relations qui s’étaient tissées depuis plusieurs décennies, elles n’eurent pas grand mal à trouver les partenaires appropriés. Le choix de la délocalisation et donc d’une coopération économique – asymétrique, bien entendu – n’excluait toutefois pas des violations croissantes de l’intégrité du partenaire fran?ais. Les dirigeants allemands n’hésitaient pas non plus à exiger de leurs sous-traitants l’envoi de personnels qualifiés dans le Reich pour compléter leur propre main-d’?uvre, même quand cela contrecarrait la réalisation de commandes passées, qui devenaient alors de plus en plus nombreuses.31 Cette attitude contradictoire tenait sans doute aussi à la pénurie économique également croissante dans le Reich qui amenait à creuser un trou pour en remplir un autre, sans aucune rationalité. Mais d’un autre point de vue – celui des grands groupes allemands – peut-être est-ce justement la rationalité économique, l’intérêt à garder leurs entreprises après la guerre[50] [50] Cette question est encore insuffisamment 233;tudi233;e, voir. Sac longchamp pliage pas cher ..suite, qui les dissuadaient de poursuivre avec une fermeté absolue, en ayant recours aux mesures répressives de la puissance d’occupation, les petits actes de sabotage quotidiens. La délocalisation de commandes impliquait de nombreuses interactions entre les directions des usines et les cadres fran?ais et allemands. Les multiples questions techniques liées à ces commandes étaient ingérables sans cette communication. Sauf à être parfaitement aveugles, les ingénieurs allemands envoyés en France pour des missions de contr?le ne pouvaient pas ne pas remarquer les mesures prises par la direction des usines fran?aises pour ralentir la productivité sur les commandes. Peut-être étaient-ils suffisamment réalistes dans les deux dernières années de l’Occupation pour accepter que même une surveillance renforcée et un allongement des délais de fabrication ne pouvaient suffire à résoudre ni la baisse de productivité de la main-d’?uvre liée à la faim ni les problèmes logistiques omniprésents dans une économie de pénurie.